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"Aussi stimulant que 24 espressos, ce livre."
Matthieu Dugal, Le Soleil, 31 octobre 2013 (Québec).

PRÉSENTATION

Comme le dit Pierre Lévy dans sa préface et comme le montre ce livre, « la révolution numérique ne concerne pas tant les apparences, ou l’observable, que le système organisateur de nos perceptions, de nos pensées et de nos relations, leur nouveau mode d’apparition ». La révolution numérique n’est pas seulement un événement technique, mais un événement philosophique majeur, qui modifie nos structures perceptives et reconfigure notre sens du réel.

Les techniques, en effet, ne sont pas seulement des outils, ce sont des structures de la perception. Elles conditionnent la manière dont le monde nous apparaît et dont les phénomènes nous sont donnés. Depuis près d’un demi-siècle, les technologies numériques nous apportent des perceptions d’un monde inconnu. Ces êtres qui émergent de nos écrans et de nos interfaces bouleversent l’idée que nous nous faisons de ce qui est réel et nous réapprennent à percevoir.

Quel est l’être des êtres numériques ? Que se cache-t-il derrière le terme trompeur de “virtuel" ? Que devient notre être-dans-le-monde à l’heure des êtres numériques ? Le temps est venu d’analyser « l’ontophanie numérique » dans toute sa complexité. La prétendue différence entre le réel et le virtuel n’existe pas et n’a jamais existé. Nous vivons dans un environnement hybride, à la fois numérique et non-numérique, en ligne et hors ligne, qu’il appartient aux designers de rendre habitable.

TABLE DES MATIÈRES

Table des matières

EXTRAITS 

Préface (texte intégral sur le blog de Pierre Lévy)

Extrait n°1 (introduction)
Extrait n°2 (chapitre 3)
Extrait n°3 (conclusion)

COMPTES RENDUS

Michael Perret pour Lectures :
http://lectures.revues.org/12670

Peppe Cavallari pour Sens Public, “Une réflexion philosophique inédite sur le web” :
http://www.sens-public.org/spip.php?article1051

UN AVIS DE LECTEUR

"Le philosophe Stéphane Vial explore avec brio les effets de la révolution numérique sur nos vies et c’est franchement passionnant : nos comportements changent, s’adaptent à l’univers numérique, sans qu’on s’en rende vraiment compte. Le clivage stérile entre technophilie aveugle et technophobie facile est totalement dépassé. Ca peut sembler compliqué, mais en fait, c’est tellement intéressant qu’on en oublie les termes techniques !"

Anne-Gaëlle, Médiathèque de Villepinte (source)

DANS LA PRESSE

Voir toutes les réactions presse, en France, en Belgique, en Suisse, au Québec, au Danemark, aux États-Unis, etc.

EN RÉSUMÉ

Titre : L’être et l’écran
Sous-titre : Comment le numérique change la perception
Éditeur : Presses Universitaires de France
Date de parution : 04/09/2013
335 pages
16,99 € (en eBook)
19 € (dans les librairies en ligne)
20€ (dans les librairies traditionnelles)

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Préface de Pierre Lévy


INTRODUCTION. De quoi la révolution numérique est-elle la révolution ?

§. 1 — Le nouvel esprit technologique

§. 2 — La technique ou la question de l’être

CHAPITRE 1. La technique comme système

§. 3 — Qu’est-ce qu’un « système technique » ?

§. 4 — Contre le « système technicien » et le fétichisme de la technique

§. 5 — De la technique comme valeur culturelle : la leçon du design

§. 6 — Le « système technique » à l’époque de la « technologie »

CHAPITRE 2. Le système technique numérique

§. 7 — L’histoire des systèmes techniques et la machinisation du monde

§. 8 — La question du « système technique contemporain »

§. 9 — La numérisation au pouvoir et le nouveau système technique

CHAPITRE 3. Les structures techniques de la perception

§. 10 — La « phénoménotechnique », ou la leçon de Bachelard

§. 11 — La technique comme matrice ontophanique

§. 12 — Dialectique de l’appareil et de l’apparaître

§. 13 — Le modèle de l’ontophanie téléphonique

CHAPITRE 4. Vie et mort du virtuel

§. 14 — Généalogie du virtuel : philosophie, optique, informatique, psychanalyse

§. 15 — De la néométaphysique de l’image à la vulgate du réel et du virtuel

§. 16 — Fin de la rêverie : « voir les choses sous l’angle des interfaces »


CHAPITRE 5. L’ontophanie numérique

§. 17 — Nouménalité : le phénomène numérique est un noumène

§. 18 — Idéalité : le phénomène numérique est programmable

§. 19 — Interactivité : le phénomène numérique est une interaction

§. 20 — Virtualité : le phénomène numérique est une simulation

§. 21 — Versatilité : le phénomène numérique est instable

§. 22 — Réticularité : le phénomène numérique est « autrui-phanique »

§. 23 — Reproductibilité instantanée : le phénomène numérique est copiable

§. 24 — Réversibilité : le phénomène numérique est annulable

§. 25 — Destructibilité : le phénomène numérique peut être néantisé

§. 26 — Fluidité : le phénomène numérique est thaumaturgique

§. 27 — Ludogénéité : le phénomène numérique est jouable


CHAPITRE 6. Le design (numérique) de l’expérience

§. 28 — La fabrique de l’ontophanie

§. 29 — Le design et l’intentionnalité factitive

§. 30 — L’effet de design numérique et ses possibles

§. 31 — La situation interactive et notre avenir ontophanique


CONCLUSION. De l’aura radicale des choses


BIBLIOGRAPHIE

INDEX DES NOMS

INDEX DES NOTIONS

REMERCIEMENTS

La révolution numérique fonctionne alors comme une révélation numérique : elle nous fait découvrir que la question de l’être et celle de la technique sont une seule et même question. Parce que, si cela a toujours été vrai, cela n’a pas toujours été visible. Pour le saisir, il a fallu attendre que les technologies numériques nous apportent des « perceptions d’un monde inconnu », tout comme la physique moderne nous a apporté des « messages d’un monde inconnu » (1). Ces perceptions inouïes, que nous tentons depuis les années 1970 d’intégrer plus ou moins bien dans le plan de nos habitudes phénoménologiques, sont celles qui proviennent des appareils numériques. En rupture totale avec la culture perceptive établie, ces perceptions nouvelles donnent accès à des êtres que nous n’avions jamais vus auparavant et à la réalité desquels nous peinons à croire. Ces êtres émergent de nos écrans et de nos interfaces et, non sans provoquer un certain vertige perceptif, bouleversent l’idée que nous nous faisons de ce qui est réel. Comme le souligne le psychologue Yann Leroux, « Internet impose de réfléchir sur ce que nous appelions jusque-là sans trop y penser “la réalité” » (2). Et la question est intensément philosophique. Que dire en effet de l’être de cette chose à la fois sensible et intelligible qu’est une icône de menu dans une interface numérique, un avatar sur les réseaux sociaux ou un personnage virtuel dans un jeu vidéo ? Est-ce la même chose qu’un morceau de cire ? Ou bien s’agit-il plutôt d’un morceau de matière-esprit ? À moins que ce ne soit une de ces réalités qu’on appelle « virtuelles » ? Mais que se cache-t-il derrière le terme trompeur de « virtuel » ? Quel est l’être des êtres numériques ? Et surtout : que font-ils à notre être ? Que devient notre être-dans-le-monde à l’heure des êtres numériques ?

Ce livre est une recherche philosophique. Il vise un renouvellement conceptuel dans l’analyse de la technique en général, et des technologies numériques en particulier. Il a pour objectif de déconstruire « dans toute sa pesante balourdise » (3) le concept de virtuel. Bien qu’il soit d’origine philosophique, celui-ci n’est pas pertinent pour saisir philosophiquement la nature du phénomène numérique. Vingt années d’accoutumance quotidienne aux interfaces nous montrent que la dimension de la virtualité n’est qu’une parmi d’autres dans les expériences que nous vivons avec les appareils numériques. Nous avons besoin de nouveaux concepts, plus aptes à saisir la complexité réelle du phénomène numérique et susceptibles d’éclairer plus en profondeur le sens de ce que nous éprouvons en face des interfaces. C’est pourquoi ce livre propose d’introduire le concept général d’ontophanie et, grâce à lui, d’évaluer le fait numérique sous l’angle phénoménologique. De manière générale, ce livre est une méditation sur la technique et la perception. Le numérique y est étudié comme phénomène, c’est-à-dire comme ce qui apparaît et se donne au sujet, à travers les interfaces et grâce à elles.

Extrait de l’Introduction : De quoi la révolution numérique est-elle la révolution ?

Notes

1. Nous faisons bien entendu allusion ici aux propos de Bachelard au début de « Noumène et microphysique », in Études (1970), Paris, Vrin, 2002, p. 12.

2. Y. Leroux, « Psychodynamique des groupes sur le réseau Internet », thèse de doctorat en psychologie sous la direction de Serge Tisseron, Université Paris X Nanterre, 20 décembre 2010, disponible à l’Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines, version PDF, p. 78.

3. Expression de Walter Benjamin à propos de l’art, sur laquelle nous reviendrons.

Percevoir à l’ère numérique, ce n’est pas perce- voir des objets nouveaux, comme si la perception, s’appliquant identiquement à toutes les classes d’objets possibles, se trouvait simplement enrichie d’une nouvelle classe d’objets auxquels elle n’avait plus qu’à s’appliquer comme à n’importe quelle autre. Percevoir à l’ère numérique, c’est être contraint de renégocier l’acte de perception lui-même, au sens où les êtres numériques nous obligent à forger des perceptions nouvelles, c’est-à-dire d’objets pour lesquels nous n’avons aucune habitude perceptive. Cette renégociation perceptive n’a rien de naturel. Elle exige du sujet contemporain un véritable travail phé- noménologique en vue d’apprendre à percevoir cette nouvelle catégorie d’étants, les êtres numériques, dont la phénoménalité est inédite et par conséquent désarmante. Ce travail phénoménologique, à la fois psychique et social, consiste pour chaque individu à réinventer l’acte de perception pour le rendre compatible avec la phénoménalité particulière de ces êtres. Il s’agit d’apprendre à percevoir les êtres numériques pour ce qu’ils sont, sans surenchère métaphysique ni dérive fantasmatique – ce qui implique d’abord de comprendre ce qu’ils sont. Car, nous le verrons, la perception n’a jamais été autant une fonction d’entendement qu’à l’heure des êtres numériques.

La révolution numérique n’est donc pas seulement un événement historique qui relève de l’histoire des techniques : elle est aussi un événement philosophique qui affecte notre expérience phénoménologique du monde et qui relève de l’ontologie, ou plutôt de l’ontophanie, c’est-à-dire de la manière dont les êtres (ontos) apparaissent (phaïnô). Mais tandis que la révolution non euclidienne ou la révolution quantique étaient avant tout des révolutions intellec- tuelles limitées au cercle restreint des savants capables de les comprendre, la révolution numérique est une révolution sociale qui affecte l’ensemble des populations. Elle se présente donc comme un événement de masse, qui vient perturber l’expérience ontophanique de centaines et de centaines de millions d’individus.

Comprendre la révolution numérique au plan philosophique revient donc à analyser ce que le numérique modifie dans les structures mêmes de la perception, seul moyen de comprendre la phénoménalité des êtres numériques. Mais pour être en mesure de saisir la nature de l’ontophanie numérique, il faut remonter à l’origine essentiellement technique de toute ontophanie. C’est le sens de l’hypothèse défendue ici. Le phénomène numérique ne fait que rendre visible, par son ampleur, un trait philosophique caractéristique de toute technique en général, resté relativement inaperçu mais essentiel : la technique est une structure de la perception, elle conditionne la manière dont le réel ou l’être nous apparaît. Autre- ment dit, toute ontophanie du monde est une ontophanie technique.

Extrait du Chapitre 3 : Les structures techniques de la perception.

« Si j’avais un marteau
Je cognerais le jour
Je cognerais la nuit
J’y mettrais tout mon cœur
Je bâtirais une ferme
Une grange et une barrière
Et j’y mettrais mon père
Ma mère, mes frères et mes sœurs
Oh, oh ! ce serait le bonheur. »

Claude François, Si j’avais un marteau, 1963

En 1992, dans Aramis, ou l’amour des techniques, Bruno Latour affirmait vouloir « convaincre que les machines qui [nous] entourent sont des objets culturels dignes de [notre] attention et de [notre] respect » (1). Il faisait suite, à sa manière, à l’appel lancé par Gilbert Simondon trente ans plus tôt en vue d’accorder aux objets techniques une place dans le monde des significations. Il témoignait de la résistance encore vivace des penseurs contemporains à prendre au sérieux la « dimension technique des actes de culture » (2). Vingt ans plus tard, on peut dire que, sous l’effet de la révolution numérique, nul ne peut plus échapper à la prise de conscience du sens des objets techniques et, plus généralement, à la nécessité de ne plus penser la technique en termes d’objets séparés des sujets. Notre être-dans-le-monde est lui-même un fait techniquement produit, et notre faculté de percevoir, autrefois confondue avec une procédure naturelle, dépend des appareils du système technique dans lequel nous vivons. La révolution numérique, loin d’être seulement une révolution technologique dans les objets, est avant tout une révolution phénoménologique dans les sujets : elle produit une nouvelle coulée phénoménotechnique du monde et refonde la capacité des humains à en faire l’expérience.

Il n’est donc plus possible de s’abandonner à l’illusion humaniste. Si, comme le veut Bruno Latour, « nous n’avons jamais été modernes » (3), c’est en effet parce que, jusqu’ici, nous n’avons jamais cessé d’être des humanistes. Et « les humanistes ne se sentent concernés que par les humains ; le reste, pour eux, n’est que pure matérialité ou froide objectivité » (4). C’est pourquoi la révolution numérique fonctionne comme une révélation numérique : en nous faisant découvrir le sens technique de la question de l’être, elle nous fait enfin devenir modernes, c’est-à-dire humanistes et machinistes à la fois, loin de tout transhumanisme facile ou de tout posthumanisme extravagant. L’homme est dans la machine autant que la machine est dans l’homme. Aussi, à la phénoménologie de l’intersubjectivité, nous devons ajouter celle de l’interobjectivité. Nous sommes parmi les objets autant que parmi les sujets. Vivre, ce n’est pas seulement vivre avec « mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs », c’est vivre avec « un marteau, une ferme, une grange et une barrière ». C’est vivre avec des tables, des chaises, des chaussures, des voitures, des réfrigérateurs, des téléviseurs, des ordinateurs, des architectures, des paysages  — car les paysages sont aussi des techniques (5). C’est vivre avec des non-humains, avec lesquels nous tissons des liens à chaque instant, bien plus encore que nous en tissons avec les humains (on pense ici à la théorie de l’acteur-réseau, chère à Bruno Latour). Car, contrairement aux autres humains dont nous pouvons être privés dans l’expérience de la solitude, nous ne sommes jamais séparés des objets. Nos liens avec eux sont permanents, ce qui explique qu’ils peuvent être durables et profonds, et prendre même parfois plus d’importance que certaines de nos relations « humaines », comme tel objet chargé de souvenir ou tel paysage d’enfance.

[…]

Par aura phénoménologique, il faut entendre une manifestation proche de l’aura selon Walter Benjamin, c’est-à-dire cette « unicité de l’apparition » avec laquelle les choses s’offrent à notre perception. Mais nous y ajoutons la notion de degré. L’aura phénoménologique d’une chose — objet ou sujet —, c’est son degré d’intensité perceptive, de vivacité phénoménale, d’acuité ontophanique, de puissance d’apparaître. À ce titre, toutes choses ne sont pas égales car toutes n’ont pas la même aura phénoménologique. Certaines en ont plus, d’autres moins. Cela n’a rien à voir avec leur degré de réalité. Par définition, un étant quel qu’il soit est doté d’existence, donc de réalité, et c’est le cas des êtres numériques comme des autres. Mais tous les étants n’ont pas la même aura phénoménologique, ne dégagent pas la même intensité perceptive. Et celle-ci est conditionnée par les appareils qui coulent phénoménotechniquement leur manifestation. Certaines matrices ontophaniques dégagent plus ou moins d’aura phénoménologique. Ainsi, les appareils numériques ne dégagent pas la même aura phénoménologique que les appareils mécaniques. Quand je fais une expérience d’autrui conditionnée par l’ontophanie téléphonique, autrui a pour moi bien plus d’aura phénoménologique que lorsque je fais une expérience de lui conditionnée par l’ontophanie numérique. Pour autant, ne nous méprenons pas : dans les deux cas, autrui a autant de réalité. Il faut distinguer le degré d’existence d’une chose — en tant que quantum d’être — de son degré d’aura phénoménologique — en tant que quantum de perception. Une chose peut avoir moins d’aura qu’elle n’a d’être, et réciproquement. C’est là qu’est toute la subtilité de la révolution numérique comme révolution ontophanique, et c’est ce qui, longtemps, nous a trompés en nous jetant dans l’illusion du virtuel et la rêverie de l’irréel.

[…]

Dans une vie de couple, par exemple, on s’écrit aujourd’hui volontiers des SMS comme on partage des choses sur Facebook. Cela n’a évidemment pas moins de réalité que ce que l’on vit en face-à-face, surtout quand il s’agit de s’envoyer des photos de ses enfants. Mais parce que cela se passe en ligne, à travers des interfaces numériques, cela a moins d’aura phénoménologique. Au point où, parfois, ce qui a été échangé par SMS ou sur le réseau, est annulé par ce qui est échangé après-coup en face-à-face, qui est par excellence l’espace de la restauration ontophanique, le lieu irremplaçable de l’authenticité phénoménologique, où les malentendus parfois produits par les échanges en ligne sont levés et rectifiés.

[…]

Car exister ou être-au-monde, c’est également savoir apprécier les instants non humains, les moments de rencontre avec les faits, les occasions de promenade parmi les choses. Vivre, c’est aussi vivre avec les choses et savoir goûter leur aura phénoménologique. Walter Benjamin donne toujours en exemple « l’aura de ces montagnes, de cette branche ». Il vise des choses dont l’aura phénoménologique est plus élevée que celle des photographies. De la même manière, perdurent aujourd’hui des expériences dont l’aura phénoménologique est plus élevée que celle des interfaces.

Extrait de la Conclusion : De l’aura radicale des choses

Notes

1. B. Latour, Aramis, ou l’amour des techniques, Paris, La Décou- verte, 1992, p. 8.

2. M. Triclot, Philosophie des jeux vidéo, op. cit., p. 16.

3. B. Latour, Nous n’avons jamais été modernes, Paris, La Décou- verte, 1991.

4. B. Latour, « A Cautious Prometheus? », art. cit.

5. A. Cauquelin, L’Invention du paysage, op. cit.

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La version eBook de L’être et l’écran est distribuée par la plateforme Immatériel et disponible dans les principaux formats de livres numériques.

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Stéphane Vial est docteur en philosophie de l’Université Paris Descartes, maître de conférences en design à l’Université de Nîmes, fondateur et directeur de création de LEKTUM, agence de design interactif. Pendant huit ans, il a été professeur de philosophie à l’École Boulle, à Paris. Il est également l’auteur, aux PUF, de Court traité du design (2010), traduit en Suédois (2011), Coréen (2012) et Chinois (2015).

Site officiel : www.stephane-vial.net

Crédit photo : © 2013 Geoffrey Dorne (flickr)

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Being and Screen : How The Digital World Changes Our Perception
Paris : Presses Universitaires de France
September 4, 2013

Presentation

The techniques are not just tools, they are structures of perception. They determine the way in which the world appears to us and in which phenomena are given to us. For nearly half a century, the digital technologies provide us with perceptions coming from an unknown world. These beings that emerge from our screens and our interfaces disrupt the idea that we have of what is real and lead us to re-learn how to perceive. The digital revolution is a new ‘ontophanic’ revolution, i.e. an alteration of the process by which the being (ontos) appears to us (phaino) and, consequently, an adjustment of our very idea of reality. What is the being of digital beings ? What happens to our being-in-the-world in an age of digital beings ? It is time to analyze the “digital ontophany” in all its complexity. The so-called difference between the real and the virtual does not exist and never has. We are living in a hybrid environment, which is both digital and non-digital, online and offline. And it belongs to designers to make it habitable.

Foreword by Pierre Lévy

About the author

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Having received a Ph.D. in Philosophy from the Paris Descartes University, Stéphane Vial is an Associate Professor of Design at the University of Nîmes (France) and a researcher at the ACTE Institute (Sorbonne Paris 1 University). Previously, he was a Professor of Philosophy at the École Boulle, a famous Paris-based school of art and design, and the founder and creative director of LEKTUM, an interaction and web design agency.

His research is focused on Technology, Digital Age and Design ; it has been presented in several international conferences, in Paris, New York, Lisbon. He is also the author of a Short Treatise on Design (PUF, 2010), translated into Swedish (2011), Korean (2012) and Chinese (2015).

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About the book

Title in French : L’être et l’écran
Sub-title in French : Comment le numérique change la perception
Publisher : Presses Universitaires de France
Release Date : 04/09/2013
335 pages
19 €

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The Foreign Rights Department at Presses Universitaires de France promotes books published by PUF to approximately 1000 foreign publishers who are likely to publish translations. They work through agents, especially for the United States, Japan, China, Korea, Spanish-speaking countries and Greece. 

Please contact Maria VLACHOU, head of the department
Email : vlachou@puf.com
Phone : 00 33 1 58 10 31 55